
Bagdad Café
J’arrive au Bagdad Café avec une bonne heure d’avance. Rien à voir avec un repaire de vétérans comme aurait pu me laisser penser le nom du lieu.

J’arrive au Bagdad Café avec une bonne heure d’avance. Rien à voir avec un repaire de vétérans comme aurait pu me laisser penser le nom du lieu.

L’immeuble est une petite république de fouinards, et le narrateur du 2ème gauche n’a qu’une ambition : ne pas en faire partie. Mission à moitié réussie. Entre la concierge autoproclamée, une lettre de menace anonyme, un cambriolage providentiel et une réunion de copropriété qui fait sortir les momies des placards — l’anonymat, c’est surfait.

Autant la foule m’était insupportable, autant le trou à rats me servant de logement me sortait par les yeux. Bien sûr, tout ça était rassurant.

Impossible de rejoindre le nid. Ils sont là, comme à chaque fois que le soleil pointe le bout de son nez. Celle-ci boit son café, celui-ci baguenaude, arrache quelques « mauvaises herbes ». Enfin, bref, ils occupent le terrain. Impossible donc d’atteindre le nid sans dévoiler sa position.

Partir, finalement c’est le plus important dans ce qu’on appelle voyager. La suite, on ne peut pas en dire grand-chose avant d’être rentrés. Et heureusement, la répulsion instinctive que j’éprouve en écoutant mes compagnons et compagnes comparant leurs programmes, les bons plans, les incontournables. Et pourtant difficile d’y échapper. Celui-ci a son pass lui permettant de voir à bas prix et à tout prix tout ce qu’il y a à voir. Celle-ci et son itinéraire minuté, quadrillé, pour ne rien rater.

C’est d’abord le chat qui avait attiré son attention. Quelle que soit l’heure où il passait devant la boutique, il était là, dormant comme ces félins paresseux savent le faire. Il avait fini par se persuader que l’endroit n’était occupé que par l’animal. Évidemment c’était stupide. Un chat est complètement inapte à la surveillance et d’ailleurs il n’y avait rien à surveiller.