Ne reste pas comme ça, malheureuse !

Ne reste pas comme ça, malheureuse !
Ne t’a donc jamais dit à quel point j’étais dangereux. Surtout toi, avec ta peau claire, tes cheveux de paille et tes yeux bleus. Je vais te carboniser. Tu ne vas pas t’en rendre compte tout de suite. La chaleur sur ta peau n’est qu’un piège, les infrarouges c’est de la gnognote. Mes ultraviolets pénètrent ta peau bien plus profondément. Ils brûlent, oxydent, désorganisent tout ce qu’ils trouvent sur leur passage. Remarque, moi, ça m’est égal. Je balance tout un tas de mes rayons, dans toutes les directions, en permanence. Sur Terre, vous avez de la chance. Les plus durs ne passent pas les remparts. Atmosphère, champs magnétiques. Plusieurs couches qui protègent votre petit monde. Quelques dizaines de kilomètres autour de votre caillou ont suffi à laisser prospérer une étrangeté, une anomalie. Vous l’appelez la vie. Cette capacité à fabriquer un autre soi à partir de pas grand chose. Quel est le secret ? S’organiser, organiser le chaos pour profiter de l’énergie que je vous offre, sans être détruits par elle.
On peut dire que vous avez poussé à son paroxysme ce principe d’organisation. Regarde autour de toi. Tout, ou presque, est ou fut vivant. Et toi, tu as oublié que tu es aussi un agrégat de cellules. Un agrégat organisé, structuré. Mais prises une à une ces cellules ont un ennemi mortel. Moi. Mes radiations sont capables de brouiller les cartes, le plan qui fait que tu n’es pas un amas de cellules en multiplication désordonnée.
Oui, je suis en train de te faire une leçon sur ton ADN, sa fragilité, sa résistance aussi. Un de tes dieux dit que tu n’es que poussières et que c’est ton sort après l’épisode vivant. Mais non, tu es organisation et tu redeviendras désordre.